Edith de Vries

Edith de Vries                            photo : Silvia Hatzl

 

PILLEURS D’EPAVES

CHATEAU – MUSÉE DE DIEPPE

22 JUIN – 30 SEPTEMBRE 1991

 

D’UN BLEU SILENCE CHU

Pour les Annales de l’Europe, la mort d’Edith de Vries évoque la disparition de l’Atlantide engloutie.Disparue prématurément, Edith de Vries est comme un continent disparu au fond des mers d’où s’élèvera obstinément le son répété d’une cloche. Il y aura ceux qui sauront l’entendre et connaîtront l’étendue de notre perte mais la plupart, pris dans la vie mondaine turbulente ne partageront pas le sens de cette perte parce qu’elle est morte si jeune, entrainée dans sa chute fatale.

Dans ce sens, elle ne diffère guère de Wols, dont l’empreinte s’est inscrite avec authenticité dans le 20ème siècle, même si sa résonance a été surtout perçue en Europe. Et pourquoi cela ? En grande partie parce qu’une démarche comme celle d’Edith de Vries n’avait pu atteindre – comme ce fut le cas pour Wols – qu’un nombre restreint d’individus. Leurs oeuvres à tous deux étaient d’une portée tellement significative qu’elles se suffisaient à elles-mêmes. Chacune de leurs oeuvres  sera chérie et protégée par ceux qui ont su les reconnaître. Qu’en sera-t-il des autres, de ceux qui qui n’auront même pas entendu le météore tomber ?

A mes yeux, il y avait la découverte d’une dimension inattendue. Ce que je vas ajouter maintenant sera plus personnel et plus subjectif parce que basé sur un sentiments profond qui ne repose sur aucune base matérielle.  Edith de Vriesa fait élaboré sa propre Kabbale et en transmettait les lumineuses richesses. Je puis affirmer avec certitude que son oeuvre était imprégnée de la présence immanente de la Torah. Ses structures témoignaient d’une infaillibilité frontale statique mêlée à une symétrie rompue avec précision. Avec le temps, ses boîtes auront leur place à coté de celles de Joseph Cornell dans les musées de l’esprit avec cette différence pourtant, que l’aspect surréel en est absent. Elles ne sont pas littéralement au-dessus du réel mais au contraire ancrées dans et sur terricole des ruines sacrées. Lieux propices à la prière et à la méditation.

L’ironie et la volonté de choquer sont également absentes de ces boîtes d’une profondeur très moyenne. En d’autres termes, n’y réside point l’impact historique de Dada, mais plutôt le silence des lieux sacrés. Que ce soit dans la retraite d’un grenier ou dans l’espace non profané d’une ville, ce sont des lieux où se jouent les drames de la psyché.

L’histoire est jonchée d’artistes morts jeunes, le syndrome d’Isard. Mais elle, elle s’avançait vers la nuit proche, en s’investissant avec conscience dans son travail.

Assez d’aperçus laudatifs. Ce qui reste en moi c’est la rage qui me fait brandir le poing, en menaces impuissantes vers le ciel étoilé. Notre rage devant la perte d’un être cher prend des formes diverses, rage devant la perte de la substance même de cette vie qui s’en est allée.

Dans le cas d’Edith de Vries, j’avais secrètement nourri l’espoir que son oeuvre trouverait son chemin à travers les fissures de l’humanité comme l’avaient fait Klee, Redon et Tobey – ces maîtres spirituels qui transcendaient les limites de leurs domaines et dont le message allait finir par toucher ceux qui avaient abandonné ceux qui avaient abandonné tout espoir ou qui voulaient partager leur exaltation plutôt que ceux qui voulaient une certitude. Edith de Vries n’était pas une certitude. Elle était la certitude même.

Ses profondes découvertes et ses attentifs tracés de spirituelles lignes de force sont un phare qui éclairera et guidera les artistes susceptibles d’absorber la gravité de son intention. Les articles, objets et fragments choisis par Edith de Vries prennent une signification autre, celle d’un souvenir de quelque chose d’inscrit dans la mémoire de l’âme. Une re-affirmation qui pourrait être interprétée comme une incantation.

Elle était la certitude même dans le contexte de ses limites esthétiques définies par elle et qu’elle s’était imposées afin de transmettre la silencieuse flamme bleue de sa condition. A cet égard, elle n’était pas exceptionnelle. C’est une nécessité primordiale de la plupart des artistes dont le nom ne s’est pas perdu, mais elle se distinguait par le fait d’avoir atteint l’impossible. C’est-à-dire un monde qu’elle avait elle-même construit et qui ne ressemble à aucun autre.

Paul Jenkins

New-York, le 23 avril 1991

traduction Bernard Garniez 

Vries.Edith de- 43,5x49x17,5-1981

1981 – 43,5 x 49 x 17,5 cm

Edith de Vries-50x40x15 cm - env.1977

1977 – 50 x 40 x 15 cm

Vries Edith de-45x25x12,5-1978

1978 – 45 x 25 x 12,5 cm

Edith de Vries 1.42x26x13cm.Absence du temps.1979

Absence du temps – 1979 – 42 x 26 x 13 c

Edith de Vries 4.Icône.45x27x11,5cm.1984

Icône – 1984 – 45 x 27 x 11,5 cm

Edith de Vries 3.Sagrario.45x27x12cm.1984

Sagrario – 1984 – 45 x 27 x 12 cm

Edith de Vries 2.S.T.27x45x11,5cm.1984

Sans titre – 1984 – 27 x 45 x 11,5 cm

Edith de Vries 5.Labyrinth of solitude.75x50x20cm.1989

Labyrinth of solitude – 1989 – 75 x 50 x 20 cm

Labyrinthe of Solitude 1

Labyrinth of Solitude 2

Lettre à Jean-Paul Ledeur – 3 octobre 1989

Vries, Edith de-20x90x15

20 x 90 x 15 cm

préface Conrad Detrez

texte E. de Vries

Claude Lorent - septembre 1987

septembre 1987

Les solitaires d'Edith de Vries

Les solitaires d’Edith de Vries – Le Soir – MAD – 28 novembre 1990 – Danièle Gillemon

Les voix du silence

Les voix du silence – Le Vif express – 14 au 20 décembre 1990 – Roger-Pierre Turine

Trends 6:12:1990

Miroirs piquetés – Guy Gilsoul – Trends – 6 décembre 1990 – Guy Gilsoul

Hors des lieux communs

Le Mensuel Littéraire et poétique – No 188 – octobre 1990 – Monique Dorsel

Jean-Michel Botquin-Art et Culture

ART et CULTURE – Mai 1989 – Exposition Galerie Albert Loeb – Paris – Jean-Michel Botquin

L'unibers en boîtes

L’univers en boîtes – Le Vif-Express – Roger-Pierre Turine – 5 au 11 juillet 1987

Fondation Veranneman

Les boîte baroques

Les Boîtes baroques d’Edith de Vries – Le Soir MAD – Danièle Gillemon – 9 décembre 1985

Survivre

Survivre – Jean Cimaise – 21 décembre 1985 – exposition Galerie Fred Lanzenberg

Les boîtes d'Edith de Vries

Arts Antiques Auctions – Claude Lorent – décembre 1985

Secrets et malices

Secrets et malices d’Edith de Vries – Le Vif Express – Roger-Pierre Turine – 28 novembre 1985

Mise en boîte

Edith de Vries : mise en boîte – L’art du décorum placé sous vide -Libre Belgique

Jacques Meuris – 27 décembre 1985

D'Eendt

Een van de,, dozen ” van Edith de Vries – door Ed Wingen – galerie D’Eendt -1984

Libre Belgique 9 mars 1984

Libre Belgique – Jacques Meuris – 9 mars 1984

Bogota 1

Al dia Magazin – 20 de abril 1982 – Rosario Ros -exposicion galerie Garces Velasquez

Bogota 2

Al dia Magazin – pagina 2

Jacques Meuris

Libre Belgique – 17 août 1981 – Jacques Meuris

galerie M.A.S.3:04:1981

Courrier du Littoral – 3 avril 1981 – William Samuel